Rencontre EuroMayDay*SanPrecario 26-27 février 2011
Table ronde le samedi 26 février, 16h, Agent double:
F*ck Austerity: Precarious Generation vs Neoliberal Oligarchy in Europe and Maghreb,
Workshop le dimanche 27 février, 14h, Agent double:
Mayday and San Precario: a practical, activist history of the first decade by the people who did it,
par San Precario (Milan/ Californie)
Plus d’infos: euromaydaygeneve@ymail.com
Née en 2001, la MayDay Parade de Milan attire chaque année plus de 150’000 participants, jeunes travailleurs, intellectuels, précaires du tertiaire, artistes et activistes. Elle s’est organisée autour de la figure imaginaire et parodique de San Precario; le St. Précaire, un saint patron dédié à tous ceux qui n’en ont pas, ou qui n’en veulent pas. San Precario est également le nom d’un réseau d’activistes, né en 2004 à partir de l’expérience du collectif de travailleurs précaires Chainworkers. Se dévouant à la protection des droits des travailleurs en fournissant une assistance légale, une aide tactique et médiatique, San Precario est également l’un des principaux organisateurs de la MayDay milanaise.
Au cours des dix années ayant suivi ses débuts à Milan, la MayDay Parade s’est imposée dans les plus grandes villes d’Europe et dans une dizaine de pays dans le monde, comme un grand rassemblement “festif et musclé”. De Berlin à Barcelone, en passant par Paris, Hambourg, Zurich, Londres, Helsinki ou encore Tokyo, de grands défilés revendicatifs rassemblent chaque premier mai des dizaines de milliers de personnes, faisant ainsi naître un véritable réseau transnational EuroMayDay.
Persuadé du fait que la technologie est aujourd’hui devenue le moteur du changement social, le réseau EuroMayDay souhaite utiliser de nouvelles logiques d’organisations horizontale ou en réseau et des expérimentations sociales, s’appuyant sur les nouvelles technologies de l’information. En ce sens, l’EuroMayDay (que l’on peut traduire par “signal de détresse européen”) cherche à créer un discours nouveau, en plaçant au premier plan un ensemble de revendications qui ne sont pas prises en charge par les organisations politiques traditionnelles: lutte contre la précarité, régularisation des étrangers, accès général au système de santé, droit à un revenu inconditionnel de base, transports gratuits ou encore partage des savoirs et libre accès à la connaissance pour tous-tes. L’activiste Alex Foti (1), l’un des initiateurs de l’EuroMayDay à Milan, décrit ainsi le mouvement comme étant, dans son fond et dans sa forme, plus queer, plus punk, plus pirate, plus “hérétique” que d’autres de ces organisations politiques, dites traditionnelles.
A travers ce bref communiqué, nous vous invitons, vous, tous-tes les précaires et cognitaires, tous les réseaux, groupes, collectifs et associations travaillant sur les questions de précariat, de cognitariat et de revenus, à participer à la rencontre transnationale pour l’organisation de la parade EuroMayDay 2011, à la table ronde et au workshop en présence d’activistes de l’EuroMayDay et de San Precario de Milan, dont Alex Foti.
Ces rencontres se tiendront les samedi 26 et dimanche 27 février 2011, à l’espace d’art contemporain Agent double au 23, Boulevard du Pont d’Arve, à Genève.
SOYEZ Là!
Abdiquer ou créer, nous avons choisi.
MAYDAY, MAYDAY
(1) Economiste de formation, éditeur et membre du réseau italien “Chainworkers”, de San Precario et de EuroMayDay. Auteur de « Anarchy in the EU. Pink, black, green movements in Europe and great recessions ». Naomi Klein dit de lui qu’il est l’activiste le plus créatif qu’elle ait rencontré.
Articles: http://multitudes.samizdat.net/_Foti-Alex_
MAYDAY 2010
MAYDAY, une autre façon de fêter le 1er Mai !
Le 1 er mai 2010 Maydaygenève* défilera pour la 2ème fois ! Une parade festive et musclée pour exprimer une colère générale contre la dégradation des conditions de travail, de la qualité de vie, de la liberté d’expression, de la dévastation des ressources naturelles au profit de quelques milliardaires criminels et contre la politique intolérante et sécuritaire d’une certaine frange de gouvernants !
Face à la précarité … Créativité !
Nous possédons les outils et l’imagination pour proposer d’autres idées, d’autres manières d’être ensemble, d’autres formes de travail et de production. Utilisons moins de biens et créons plus de liens, réapprenons à gagner du plaisir plutôt que de l’argent ! Revendiquons la diversité contre la médiocrité, l’aspérité contre l’uniformité, le bruit joyeux contre le silence dépressif, le désordre organique et foisonnant contre l’ordre conformiste, le partage entre jeunes et les anciens contre le jeunisme, l’harmonie entre les femmes et les hommes contre les stéréotypes aliénants.
Anticipons les changements, proposons des alternatives créatives à la culture mondialisante du commerce pour le profit à outrance, soyons plus que jamais au cœur de la création d’un monde à venir plus solidaire et plus beau.
Travailleurs, chômeurs et étudiants : même combat !
Les sociétés ultra-libérales, aidées par des politiques complaisantes voir collaboratrices, ont creusé un fossé artificiel et pernicieux entre travailleurs et chômeurs. Les premiers doivent supporter toutes sortes de contraintes et d’obligations de flexibilités, et ne parviennent pourtant qu’avec peine à boucler les fins de mois. Ils ont « de la chance d’avoir un boulot ! » Merci Patron ! Les seconds, taxés d’improductivité et donc « d’inutilité », sont poussés par toutes sortes de dispositifs administratifs à accepter des jobs précaires et dégradants.
Les travailleurs font tourner l’économie, produisant richesses et croissance, qui participent à l’enrichissement d’une poignée d’individus. Les chômeurs restent sur le carreau, à la recherche d’une place de travail que le système dérèglèmenté est incapable de leur assurer.
Dans les établissements de formation, les filières définies comme non-rentables sont éliminées au profit de formations standardisées, qui répondent aux besoins en main d’œuvre de l’économie de marché. Aujourd’hui, les étudiants sont davantage précarisés. Ils doivent travailler encore plus pour survivre durant leurs études, mettant en péril leur vie sociale, associative, créatrice et amoureuse.
Ce n’est pas la vie que nous voulons !
Nous voulons travailler différemment, avoir du temps pour penser, rêver et créer !
Logements et espaces de culture ne sont pas antinomiques !
Des quartiers populaires plein de vie, comme Plainpalais et la Jonction, sont pris en otage et transformés en vitrines d’une Genève proprette, chic, cool, hype et élitiste, qui ne permet que difficilement une mixité entre lieux d’habitats et lieux de culture. De nouveaux riverains s’accaparent des pans entiers de ville, avides des avantages qu’une vie citadine peut offrir, mais refusant ses inconvénients. Les problèmes de voisinage liés aux nuisances sonores dans le quartier de l’Usine en sont le parfait exemple. A contrario, dans le quartier populaire des Grottes, des logements étudiants jouxtent des lieux de culture, dont ils sont souvent à la fois les initiateurs et les bénéficiaires.
Genève souffre d’une crise de logement chronique, alors qu’une centaine d’immeubles sont fermés ou murés dans le Canton au bénéfice d’une délinquance immobilière qui fait sont plein et dicte sa loi. En attendant, les genevois sont obligés d’accepter des prix locatifs exorbitants et la culture émergente se meurt, faute de lieux d’accueil et de production.
Les futurs projets de constructions de logement ne prévoient qu’à force de pétitions des espaces d’accueil et de production pour la culture de base mettant en péril un vivier culturel pour le futur.
Ce n’est pas la ville que nous voulons !
Logement et culture peuvent coexister, ouvrez les murs !
Liberté d’expression et diversité, un riche mariage d’amour !
L’affichage libre, a été muselé, l’expression de rue criminalisée et leurs auteurs menacés d’amendes exorbiantes. L’exercice des libertés « démocratiques » les plus fondamentales (distribution de tracts, rencontres dans l’espace public, manifestations de rue, etc.) est maintenant soumis à une autorisation policière. Les rassemblements de jeunes sont constamment surveillés et/ou réprimés, ils sont devenus la cible d’un acharnement étatique et policier hystérique. Tout ça pour faire de Genève une « ville propre » et sans âme.
Les étrangers, boucs-émissaires de la crise économique, sont harcelés dans les rues par les forces de l’ordre, qui semblent confondre couleur de peau et criminalité, alors que les délinquants financiers internationaux sont libres et protégés.
Ce ne sont pas les valeurs que nous défendons !
Nous voulons des espaces de réunion, d’auto-organisation, d’expérimentation et de libre expression.
Abdiquer ou créer, nous avons choisi !
Collectifs d’artistes, acteurs culturels, précaires, espaces culturels autogérés, critical mass, collectifs étudiants, groupes de travailleurs, décroissants, associations d’immigrés, squatters, rouges, verts, bleus, libertaires, lesbiennes, gays, bisexuels, trans-sexuels, féministes, militants de tous poils et de tous horizon, nous vous lançons un appel à la mobilisation créative contre la précarité sous toutes ses formes !
Collectif ouvert Maydaygenève
*Maydaygenève s’inscrit dans le mouvement transnational Euromayday, né à Milan en 2001. Cette manifestation, ralliant le traditionnel défilé du 1er Mai, a été initiée par des collectifs d’artistes, activistes, penseurs et travailleurs dénonçant d’une façon « créative et musclée » toutes les formes de précarités. Ils ont anticipé à leur manière les besoins d’expressions fondamentaux d’un monde en pleine crise d’identité, pour s’ouvrir à toutes les revendications sociales : ethniques, politiques, culturelles, sexuelles ou écologiques. Aujourd’hui, EuroMayday est un réseau international actif dans une quinzaine de pays et qui mobilise et fédère des centaines de milliers de personnes dans le monde.
Nous, Union des Espaces Culturels Autogérés (UECA), avons souhaité rejoindre, sous la bannière d’Euromayday, le traditionnel défilé du 1er mai afin de marquer notre solidarité avec les travailleurs ; les acteurs culturels figurants, en excellente position, dans le triste palmarès des travailleurs précaires ! Par notre participation, nous réaffirmons nos revendications et affichons aussi plus largement notre désir d’accompagner un monde en pleine mutation.
Depuis son origine, l’esprit fédérateur d’Euromayday a su élargir les revendications des travailleurs pour s’ouvrir plus globalement à toutes les revendications sociales, qu’elles soient ethniques, politiques, culturelles, écologiques ou sexuelles, anticipant à sa manière un besoin d’expression fondamental d’un monde en crise d’identité. En effet, les économistes annoncent la fin du néolibéralisme, les politiques promettent l’avènement d’un capitalisme éthique, les industriels et les publicitaires rêvent d’une croissance verte, et nous ? Le moment est peut-être venu pour nous tous de dompter notre « capitaliste intérieur » et de retrouver notre artiste intérieur, d’utiliser moins de biens et de créer plus de liens, d’apprendre à gagner du plaisir plutôt que de l’argent.
Les acteurs culturels (et contre-culturels !) ont toujours su anticiper les changements de manière visionnaire. Aujourd’hui, en proposant des alternatives universelles, ils sont plus que jamais au cœur de la régénération d’un monde à venir « plus beau » et « plus présentable ».
« L’imagination au pouvoir » doit rester un slogan d’artiste-citoyen, non de politicien !







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